Jour 1: L'Arrivée

Lundi 2 Juillet

Changement radical d'environnement

Mon arrivée dans l’univers déjà quelque peu familier du fablab UBO open Factory (j’avais eu l’occasion de le visiter deux mois auparavant) me laissa de bonnes premières impressions.

C’est Claire qui m’a accueilli en premier, elle est chargée des relations entre le fablab et les entreprises et de la communication. L’ambiance est décontractée, il y a encore assez peu de monde ce lundi matin de vacances scolaires, le fablab étant essentiellement conçu pour les étudiants. Elle m’explique que j’aurais le temps ce jour-là de prendre mes repères dans mon lieu de stage, que Adamou, le responsable du Handilab et donc mon maître de stage n’arriverait que le lendemain et que j’étais libre d’utiliser la machine à café.

Un espace accueillant

C’est donc une journée assez tranquille qui s’annonce, l’entrée dans le vif du sujet ne survenant que le lendemain. Je prend donc le temps de me familiariser avec le fablab et surtout avec le Handilab, secteur dédié aux solutions pour le handicap. L’agencement de l’espace met en valeur une grande table d’exposition, visible dès l’entrée, qui présente les projets les plus aboutis. Il y a ainsi de nombreuses recherches sur les matériaux, des ustensiles en grains de café, des plaques en mégots de cigarette compactés et des ailerons de surfs en plastique recyclés, qui ne sont pas sans me rappeler le projet Precious Plastic.

Visite de l'UBO Open Factory

Dans l’espace consacré au Handilab, je découvre ainsi de nombreux projets orientés vers les loisirs et l’accessibilité aux divertissements. Plusieurs jeux, notamment celui des Dames, sont repensés pour être accessibles aux malvoyants et plusieurs cartels de musées découpés au lasers sont présentés tels différentes expérimentations pour améliorer l’accessibilité à la culture. L’un des projets les plus conséquents, dont on m’avait déjà parlé auparavant, concerne une veste connecté qui produit des vibrations en fonction de la musique, et qui permettrait ainsi à un malentendant d’aller profiter d’un concert. J'aimerais toucher à ce genre de projets durant mon stage

Cette première journée ce termine avec la rencontre de Yves Quere, Fondateur de l’UBO open factory qui fait visiter l’espace à une association et m’invite à la visite pour que je puisse ainsi découvrir la totalité du lieu qui est, par ailleurs, le plus grand fablab que j’ai eu l’occasion de visiter. C’est un lieu ouvert qui offre de grands espaces de travail sur des tables fabriquées par les FabManagers et met à disposition des machines de pointe pour la conception telles que les habituelles imprimantes 3D et découpeuses laser. J’aurais deux mois pour apprendre et expérimenter de ces machines. La journée s’achève après cette visite et je n’ai plus qu’une hâte, rencontrer mon maître de stage et commencer à travailler sur la projets du Handilab.

Jour 2: Les Projets commencent

Mardi 3 Juillet

Discussion autour du Handilab

C’est ce mardi 3 Juillet que les choses sérieuses commencent et que je peux discuter avec Adamou du Handilab, de ses actions, de ses besoins, et de ma contribution pendant ce stage.

C’est une journée où j’apprends beaucoup du domaine des actions d’aide aux handicaps que certains fablabs entreprennent. Adamou me parle notamment du plus célèbre, My Human Kit (MHK), véritable bulldozer parmi les fablabs orientés santé puisqu’il remporte de nombreux prix pour ses actions et a beaucoup fait parler de lui grâce à Nicolas Huchet, le Maker qui s’est fabriqué sa propre prothèse bionique à l’aide des technologies du fablab Rennais. Cette notoriété ne vient pas de nulle part et elle est bien méritée au vu des nombreux projets qui sont présentés par cette structure et publiés en Open Source. La communication autour des projets et de l’association est d’ailleurs bien rodée et c’est ce qui manque en revanche au Handilab, m’explique Adamou. Mon rôle sera donc, entre autres, de présenter une charte graphique qui permette d’assurer cohérence et visibilité au Handilab. Une communication qui soit tournée en grande partie vers les réseaux sociaux et qui invite toute personne motivée à contribuer au Handilab.

Se faire connaître et Reconnaître

J’en apprend également plus sur le modèle économique des projets tels que Handilab. En existant au sein d’un fablab, de nombreux outils sont disponibles pour tester et trouver des solutions à divers handicaps, comme pour la prothèse de Nicolas Huchet, il s’agit donc de faire beaucoup avec les moyens du bord, qui peuvent parfois s’avérer insuffisant. C’est là que les prix, les récompenses et les aides deviennent très importants. C’est en gagnant des prix prestigieux que le communication est facilitée et que de nouvelles machines sont achetées.

Adamou me parle aussi des différents projets engagés par le Handilab, du partenariat avec diverses associations telles que celle de malvoyants de Brest. Nous les rencontrerons justement jeudi prochain et ce sera l’occasion pour moi d’en apprendre plus et de leur présenter le premier projet que je souhaiterai initier en parallèle avec mon travail sur la charte graphique : Un jeu de cartes imprimé en relief pour permettre aux non-voyant de lire les cartes (y compris ceux qui ne savent pas lire le Braille).

Jour 4: De Nouvelles Rencontres

Jeudi 5 Juillet

Liberté d'expérimenter

Je suis donc en plein travail sur le jeu de cartes dont j’avais parlé précédemment. C’était une idée que j’avais eu à l’occasion d’un projet l’année dernière que je n’avais pas pu aboutir. Une modélisation de jeux de cartes en 3D pour les aveugles n’existait par encore car seul le Braille était privilégié. Pourtant j’avais appris grâce au rendu de Diplôme du collectif Sérendipité que seuls 10 % des aveugles lisaient le Braille. Je voulais donc trouver un moyen de rendre les cartes à jouer plus lisibles. L’idée avait immédiatement plu à Adamou et il me proposa donc de m’y lancer sans plus attendre.

1Depuis deux jours je passe donc la majeure partie de mon temps entre la modélisation en 3d de cartes à jouer et leur impression en 3D sur les machines dernier cri du fablab. C’est à la fois stimulant et enrichissant de pouvoir voir directement ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans me tests. J’en apprend ainsi beaucoup à la fois sur les machines, les matériaux utilisés (différentes souplesses de plastique), et les instructions que j’envoie depuis l’ordinateur. J’essuie beaucoup d’échecs, pour des impressions trop fines et cassantes, trop épaisses et donc peu ergonomiques pour un jeu qui compterait 56 cartes, ou encore trop transparentes. Je ainsi en une seule journée presque 10 réglages différents qui me permettent d’avancer rapidement dans mes recherches et donc d’avoir un nombre conséquent de prototypes à présenter lors de notre visite de l’association aujourd’hui.

Rencontre avec une association de déficients visuels

La visite de l’association est donc prévue pour la fin d’après midi, à l’heure où ils se retrouvent pour prendre un café et jouer à des jeux. Nous sortons donc du fablab avec Adamou pour nous diriger vers le local où nous sommes invités.

J’apprends beaucoup de cette visite, je me retrouve face à des gens qui surmontent tous les jours leur handicap, qui vivent avec, qui trouvent les méthodes qui leurs correspondront le plus. Ces méthodes sont toutes différentes car les ages et les expériences sont elles aussi différentes. Par exemple, je souhaitais concevoir des cartes sans Braille, mais cette visite m’a fait conclure que je devais l’y laisser, et que faire une jeu de cartes inclusifs me demandait de savoir doser la lisibilité au mieux. Je pensais que rendre les images des cartes lisibles au toucher suffirait mais ceux qui savent déjà lire le Braille n’en ont pas besoin. Je vais donc devoir trouver comment faire cohabiter plusieurs écritures.

Je rencontre également Cénéric, membre de l’association et passionné de cartographie. Ils nous expose sont problème pour trouver une application simple d’utilisation pour un aveugle qui lui permette d’accéder aux coordonnées des lieux qu’il souhaite cartographier. Nous concluons donc d’un rendez-vous la semaine suivante pour qu’il nous montre ces cartographies et que nous puissions plus amplement échanger sur les solutions à apporter.

Jour 8: En savoir plus sur la déficience visuelle

Mercredi 11 Juillet

Discussion avec Cénéric

Je retrouve Cénéric dans l’après midi pour pouvoir discuter des problèmes qu’il souhaiterai résoudre. Ce sera aussi l’occasion pour de poser plus de questions sur son quotidien et sur les solutions qui existent déjà.

Nous nous retrouvons donc au fablab, ce qui me permet de lui présenter les dernières cartes imprimées, qui sont bien plus lisibles que celles qu’il a pu expérimenter auparavant. Il me précise cependant que les lettres en Braille que j’ai utilisé, H et T pour Heart Ten, devraient plutot etre en français (C et D), car il pourrait y avoir confusion, et que pour différencer Coeur et Carreaux, je devrai utiliser C et K, comme dans le jeu de leur association en Braille. Je n’y avais pas pensé et c’était vrai qu’utiliser du français était bien plus logique.

Nous entrons par la suite dans le vif du sujet et Cénéric m’explique son problème, qui est de l’ordre de l’interface. Je découvre ainsi que de nombreux dispositifs facilitent déjà la vie des aveugles grace au numérique et surtout à la reconnaissance vocale. Les Iphone sont d’ailleurs les meilleurs pour l’accessibilité, mettant à disposition de nombreux outils vocaux et simplifiant au maximum ses interfaces pour que seul un petit nombre de gestes soit nécessaire pour toutes les applications de la vie quotidienne pour communiquer et se déplacer. Aucun autre constructeur ne semble faire de tels efforts et malheureusement le prix élevé des Iphones en font des appareils de luxe pas toujours accessibles pour tous. Je constate que Cénéric peut interfacer avec son téléphone avec un minimum de gestes, qui correspondraient à la croix directionnelle d’un clavier et touches « entrée » et « annuler ». Pour les demandes plus complexes la reconnaissance vocales fait l’affaire. Là où les problèmes s’accumulent, c’est lors de la visite de certaines pages web, où les interfaces sont en revanche particulièrement hermétiques. Il me conduit donc vers le site où il récupère les coordonnée des lieux qu’il souhaite cartographier face auquel je me rend bien compte qu’il est difficilement lisible, et y trouver des informations représente un enjeu de taille.

Créer un logiciel qui facilite l’obtention de ces coordonnées est au-delà de mes compétences mais pourrait constituer un travail intéressant pour la poursuite de ce stage. 

Jour 9: Le Fab'Café

Jeudi 12 Juillet

PrettyNoëmie

Ce matin, Alexandre et Pierre-Yves, deux Fab Manager respectivement responsables des machines et de la dimension pédagogique du fablab, arrivent avec des croissants, des pains au chocolat, activent les trois machines à café et repoussent les tables pour installer un coin petit-déjeuner. C’est le moment du Fab’Café !

Le Fab’Café est un moment de réunion où tous les acteurs du fablabs présents se réunissent pour parler de leurs projets, de leurs activités et d’eux-mêmes. C’est donc le moment privilégié pour faire connaissance. Je rencontre ainsi du monde à qui je n’avais pas encore eu l’occasion de parler et je découvre des projets très divers intéressants. Je fais ainsi l’expérience d’un dispositif énigmatique qui trônait depuis quelque temps sur la table où je travaillais tous les jours, surnommé la « Mysterioux Box » par Etienne, il s’agissait en réalité d’un contrôleur Binaural qui, relié à un logiciel lui-aussi programmé pour l’occasion, permettait de transposer n’importe quel son en 3 dimensions depuis un casque audio. Le contrôleur permettait donc de donner l’impression qu’une musique provenait de devant, derrière, à droite ou à gauche de l’auditeur, et ceci en déplaçant simplement des curseurs. Je ne peux m’empêcher d’imaginer toute la portée de ce genre de dispositifs pour des jeux vidéos adaptés aux aveugles.

Un autre projet retient mon attention. Il s’agit d’une lampe pensée en collaboration entre un étudiant et des chorégraphes pour leur spectacle. La lampe est donc construite pour permettre les mouvements, ce qui n’est pas sans me rappeler un workshop d’une semaine avec d’autres chorégraphes qui nous avaient appris que l’utilisation d’objets pendant leurs danses conditionnaient leurs poses et les gestes qu’ils pouvaient effectuer. Le Fab’Café s’achève et il a porté ses fruits car il a permis une meilleure communication entre les différents résidents du fablab.

Jour 10: Bilan de deux semaines de stage

Vendredi 13 Juillet

Avancement du jeu de cartes

J’arrive donc au dernier jour de ces deux premières semaines de stage. Adamou revient d’une rencontre de fablabs autour de thème du handicap à Auray, à laquelle il a emporté quelques projets dont celui sur les cartes de jeu et m’annonce qu’elles ont beaucoup plu là-bas, de quoi me motiver à continuer sur la voie que j’ai choisi. J’ai donc modélisé la boite qui contiendra les cartes, je l’achèverai lorsque j’aurais imprimé un jeu entier pour être sur des dimensions. Quand aux cartes j’ai maintenant l’épaisseur optimale, légèrement en dessous d’un millimètre, et j’ai les motifs. Je n’ai donc plus qu’un travail assez répétitif à effectuer, celui de modéliser et d’imprimer les 56 cartes pour avoir le jeu complet, puis de publier les fichiers en Open Source.

Les Métamatériaux

En marge de ce travail qui me prend une bonne partie de la journée, je réfléchi au futur du stage, à la partie la plus conséquente, qui va durer un mois et demi. Je n’ai pas encore beaucoup avancé la charte graphique, j’ai compilé différentes pistes et idées dans un carnet et, maintenant que je suis bien familiarisé avec le Handilab, je vais m’y atteler pendant la poursuite de ce stage. Mais je souhaite aussi me consacrer à continuer à apprendre de ce fablab, à y développer d’autres projets. J’ai pour cela plusieurs inspirations. Le travail sur le plastique flexible et les Métamatériaux qu’une école allemande a effectué m’intéresse beaucoup par exemple.

Et après ?

Je me rend compte aussi des difficultés de travailler en fablab. C’est un espace qui offre de grandes libertés et le moment du choix est parfois difficile. Il est facile au contraire d’y perdre de vue ses objectifs, l’absence de directives pouvant paraître déroutant. Mais c’est un milieu que j’ai apprécié pendant deux semaines et je n’ai qu’une hâte c’est de disposer de plus de temps pour continuer à y travailler, comme ce sera le cas le mois prochain ! A très bientôt pour la poursuite de ces publications !

3ème Semaine: Une Charte, Une Mise en Scène, et des Cartes de Jeu

Du 20 au 24 Août

Je teste une charte imprimable en 3D

J'ai encore du temps pour expérimenter sur la charte future charte du Handilab. Je travail donc sur une mise en scène qui permettrait de prendre facilement des photos des projets et les publier avec un minimum de retouches.

4ème Semaine: Le HandiTech Trophy

Du 27 au 31 Août

La Participation au HandiTech Trophy

Cette semaine nous travaillons pour poser notre candidature au HandiTech Trophy. L'un des points essentiels des fablabs, c'est le modèle économique difficile à trouver. Si Le fablab dans son ensemble se porte très bien, notamment grâce à l'hébergement à la Fac, le Handilab doit aussi trouver des financements pour engager des projets plus ambitieux et pouvoir payer de stagiaires. Comme souvent pour les projets qui s'occupent du handicap, les baisses des subventions de l'état ne laisse que peu des solutions. L'une de ces solutions correspond aux prix et récompenses de différentes fondations. My Human Kit à Rennes vit par exemple depuis deux ans sur une récompense au Trophée "La France s'engage", initié par François Hollande et dont ils étaient parmi les premiers bénéficiaires.

5ème Semaine: Le Musée des Beaux-Arts

Du 3 au 7 Septembre

Scanner les œuvres du Musée

J'ai rendez-vous le lundi matin au musée des Beaux-Arts pour scanner certaines de ses œuvres et en faciliter ainsi l'accès aux malvoyants

6ème Semaine: La Visite au Musée

Du 10 au 14 Septembre

Pouvoir toucher une œuvre pour la reconnaître

La semaine commence et il ne me reste qu'un jour pour finaliser les préparatifs pour la visite du musée des beaux-Arts. j'ai encore quelques impressions à lancer et Mathilde du musée des Beaux-Arts à enregistrer pour finaliser l'audioguide tactile. Je l'enregistre le lundi matin, nous nous interrogeons sur la durée de l'explication pour le tableau, et choisissons de la faire relativement longue, 6 minutes. Cette expérience lui permettra aussi de savoir ce qu'en pensent les déficients visuels de la durée de la description. Le reste de la journée consistait à terminer le dispositif et le rendre aussi pratique que possible. Je me rendrai compte par la suite d'un certain nombre de défauts qui auraient du plus me sauter aux yeux.

La visite commence donc le mardi après-midi. Cette journée aura été très intense et riche d'enseignement. La conception des objets demande de réfléchir à de nombreux paramètres et pas toujours ceux auxquels je m'attendais. Les impression en 3D des objets sont un grand succès. La visite du musée devient un jeu, où chacun cherche à deviner les motifs qui ressortent des vases, où l'un des visiteurs prend la parole pour décrire comment fonctionne un bateau pendant que les autres manipulent le bateau en question. Je suis très satisfait de voir directement comment le travail au fablab trouve si rapidement des débouchés concrets.

L'Audio Guide Tactile

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7ème Semaine: Les joies de la Gravure Laser

Du 17 au 21 Septembre


Gravure sur Bois et Test du Plastique Flexible

Les Retours de la Visite au musée avaient été globalement très positif. La découverte du musée s'était faite bien plus ludique, chacun cherchant à visualiser les objets en les manipulant. Mais il y avait un élément qui faisait consensus pour dire qu'il ne fonctionnait pas. C'était une gravure d'une boussole astronomique chinois. Le bois était à peine marquée et n'étais donc qu'une simple planche de bois circulaire pour les déficients visuels.

J'ai donc relancé la découpe avec de nouveaux paramètres, résultant à un travail de huit heures pour la découpeuse laser, mais qu'importe! Le résultat serait, je l'espère, au rendez-vous. J'ai donc choisi la journée du Lundi en débordant sur le mardi matin, des jours pour le moment assez calmes au fablab, pour lancer le travail. La gravure fut assez bluffante, même pour les fab managers, qui n'avaient pas encore tenté ce genre d'expériences. La précision de la machine et les qualités du bois de peuplier ont rendu sensible au toucher les symbole avec brio, de quoi donner envie aux quelque passants du fablab de réclamer un double de la boussole pour, au choix, l'accrocher chez eux ou servir de dessous de plat. Cette expérience ouvre des perspectives pour de prochaines projets ou la gravure serait intéressante.

Je vous avais précédemment évoqué mon souhait de travailler avec du plastique flexible, c'est maintenant d'actualité. Je ne sais pas si j'aboutirai ce projet d'imprimer une prothèse de main flexible complète et en une pièce, en exploitant la géométrie des métamatériaux, mais je profiterai tout de même de ce stage pour l'expérimenter. L'impression du doigt me permet déjà de confirmer la plasticité intéressante de cette matière.

8ème et Dernière Semaine: Une histoire s'achève et une autre démarre

Du 24 au 28 Septembre

Retours sur Le Musée des Beaux-Arts

L'un des événements forts de cette semaine a été une réunion en préparation du Hackathon organisé par l'Open Factory, Le Science Hack Day.Ce Hackathon, contrairement au Hacking Health camp, ne se cantonne pas à un sujet mais se veut bien plus généraliste, et concerne des sujets aussi variés que le handicap, la ville ou l'écologie. La réunion du Mercredi 26 avait donc pour objectif de réfléchir avec différents partenaires du Handilab, dont le Musée des Beaux-Arts, Le Conservatoire de musique et l'association de déficients visuels Valentin Haüy, sur les projets à présenter pour le jour J. La réunion a commencé par une discussion en aveugle, pour nous confronter aux sensations inhabituelles de l'absence de vue.

Pour ma part j'ai été très perturbé au début dans les discussions, n'osant pas prendre la parole. Ne pas voir le visage de ses interlocuteurs est en effet très déconcertant. Je prenais une attitude plus passive, plus à l'écoute. Ce fut cependant de courte durée et je me pris au jeu. Nous avons pu arriver à la conclusion que l'accès à la culture à Brest pour les personnes souffrant de divers handicaps était problématique et avons décidé de proposer le thème assez large de "Kits de visite" pour les musées, permettant au participants du Hackathon d'imaginer un panel large de solution pour créer des visites adaptées, car il pourrait autant aboutir à des reproductions en 3D comme j'avais fait qu'à des jeux vidéos, des détournements d’œuvres, et j'en passe.

Les Deux enjeux de cette dernière semaine

L'un des enjeux du Lundi et mardi était donc de préparer des objets qui fassent sens auprès des partenaires et les motivent à aller de l'avant avec le Handilab. Nous avions déjà La Boussole imprimée en 3D pour Mathilde du musée des Beaux-Arts, qui verrait que nous avions tenu compte des critiques lors de la visite au musée, et Adamou m'avait parlé d'un projet de plan interactif et pédagogique de la scène du Conservatoire de musique pour situer les différents musiciens dans l'espace. J'ai donc réalisé un prototype en m'inspirant du travail que j'avais déjà effectué avec l'atelier Sérendipité en Juin sur l'encre conductrice et la carte électronique TouchBoard. J'ai également testé les capacités du plastique conducteur en modélisant et imprimant des instruments de musique, qui deviendrait donc tactiles. J'ai ainsi pu m'apercevoir que le courant pouvait certes passer, mais difficilement, m'obligeant à renforcer l'installation avec du cuivre.

Le Second enjeu était de préparer la visite de l'association Valentin Haüy pour tester les jeux de sociétés, j'ai donc aussi passer un peu de temps à fabriquer un nouveau jeu d'Othello, pliable cette fois-ci.

Derniers Jours: Une Après-midi jeux de société

Jeudi 27 et Vendredi 28 Septembre

Une matinée pour peaufiner les détails

Mon stage s'achève avec une conclusion particulièrement enrichissante et des retours conséquents sur le travail que j'ai pu mener sur les jeux de société adaptés aux déficients visuels.

C'est en ce jeudi 27 Septembre que l'association Valentin Haüy s'est rendue au fablab pour tester les différents jeux et nous donner leurs appréciations. Des journalistes du Télégramme et du Ouest France sont également présent pour suivre l'événement. J'ai ainsi eu le temps pendant la matinée de peaufiner les derniers détails, d'imprimer la boite destinée à contenir les cartes de jeu et de retrouver les différents éléments de recherche pour les présenter à nos inviter et leur décrire comment j'ai abouti aux résultats qu'ils pourront tester.

Et L'après midi avec l'association Valentin Haüy

Les membres de l'association sont venus nombreux, une dizaine, presque tous ceux qui étaient déjà présents au musée des beaux-arts. Les cartes imprimées en 3D fonctionnent finalement bien mieux que je ne m'y attendais, et notamment au niveau du Braille, que je craignais de ne pas être assez sensible. Tous ceux qui le maîtrisaient n'ont pas eu la moindre difficulté à le le lire et l'ont trouvé plus intéressant que lorsqu'il est poinçonné sur du papier. EN effet, les carte imprimées en plastique seront bien plus solide, tant pour la manipulation répétée que pour la conservation du Braille lisible. Mais le réel enjeu de ces cartes était la forme des symboles. Qu'il s'agisse du valet, de la Dame, du Roi ou du Joker, la lecture se fait aisée et le sens de lecture, de haut en bas se montre pertinent. Concernant les nombres de 1 à 10, la difficulté est cependant de prime abord plus grande. J'en étais conscient et je tablais sur le fait qu'un apprentissage des cartes permettrait leur familiarisation, et c'est en effet ce qui s'est produit. Compter le nombre de symboles s'est révélé assez facile, et en jouant quelque parties, la différentiation des symboles a elle aussi suivi.

Le jeu n'est cependant pas parfait, mais cela s'est finalement bien plus concentré sur le format ou sur le fait que les cartes accrochaient un peu trop, mais l'essentiel était validé.

Des projets prometteurs

J'ai beaucoup parlé des cartes. Je serais plus bref pour le reste. Le reste de l'après midi a été tout aussi positif, nous avons pu montrer d'autres projets et quelques prototypes de travaux futurs (notamment une maquette de la scène du conservatoire interactive) qui a elle-aussi beaucoup intéressé, notamment concernant son fonctionnement, à l'aide d'une carte électronique Bare Conductive)

La Journée s'est terminée et la bienveillance des membres de l'association envers nos projets a été très motivante pour continuer les projets entamés. Un article de journal sera publié le lendemain pour parler de cet événement.

Quelques mots concernant cet outil de publication:

Framasite est en effet peu connu pour la publication de contenu sur internet, je ne suis d’ailleurs jamais tombé sur un framasite au hasard de mes déambulation sur le web et je pense donc que quelques explications feraient honneur au travail de l’association Framasoft et au créateur de l’outil PrettyNoemieCMS, Robin Banquo.

J’effectue actuellement un stage en fablab pour trouver des solutions à divers handicaps et la problématique de l’accessibilité est au centre de mes recherches. De nombreuses technologies sont ainsi rendues inaccessibles par exemple pour les malvoyants à cause de choix de Design discutables. L’optique de logiciels libres et modifiables par tous, soutenue par Framasoft, donne la possibilité de de s’approprier les interfaces, de les rendre utilisables par le plus grand nombre à moindre cout, et c’est pour ces raisons que Framasite est en adéquation avec ce travail.

La seconde raison est d’ordre plus pratique. Bien que j’affectionne particulièrement de pouvoir retoucher à tous les éléments de mise en page d’un site web, la dimension éphémère de ce site, qui ne sera actifs que pour trois mois, nécessite une grande efficacité pour publier rapidement tout en concentrant son énergie sur le stage en lui-meme.

Voici donc les raisons de mon choix concernant cet outil qui, bien que perfectible, peut s’avérer bien utile, notamment dans le secteur associatif, de par sa prise en main et son utilisation aisée.

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